Litige Foncier / Nzeng-Ayong : Comment un Français veut faire déguerpir des familles installées depuis des décennies
Le Collectif des habitants de Sibang Centre ( Nzeng – Ayong, 6e Arrondissement) , a tenu le samedi 6 décembre 2025 dernier , un point presse d’envergure devant la presse
Le Collectif des habitants de Sibang Centre ( Nzeng – Ayong, 6e Arrondissement) , a tenu le samedi 6 décembre 2025 dernier , un point presse d’envergure devant la presse nationale et internationale. Objectif : alerter les plus hautes autorités de la Ve République sur un conflit foncier vieux de plusieurs décennies et qui menace aujourd’hui la quiétude de centaines de familles installées de longue date dans ce quartier populaire du 6e arrondissement de Libreville.
Au cœur de la discorde, un projet jugé absurde et ambigu, porté par Serge Esnault, ressortissant français et héritier d’un bail emphytéotique de 30 ans attribué en 1980 dans une zone pourtant déjà habitée par des populations gabonaises. Dès 1997, un premier conflit éclate, mais les décisions de justice ordonnant l’évaluation des investissements des familles ne seront jamais exécutées par Esnault. Un premier signal d’un dossier déjà bancal.
En 2007, avant même l’expiration de son bail, l’intéressé sollicite un titre foncier de 117 139 m², alors que la zone ZN8 est répertoriée dans le plan urbain et ne peut en aucun cas être attribuée à un particulier sans morcellement. Une démarche qualifiée par les habitants d’« illogique » et « manifestement irrégulière ». L’année suivante, l’homme bloque même un passage emprunté par des enfants pour accéder à l’école primaire de Sibang 3, engloutissant dans sa concession un tronçon de voie publique.
Le point culminant survient en 2017 : plusieurs habitations dont un bâtiment à deux niveaux, quatre villas et un immeuble de quatre appartements sont démolies sans indemnisation, sous escorte policière. Une action que les habitants estiment juridiquement contestable et humainement inacceptable.
Malgré plusieurs interventions de haut niveau, dont celles d’anciens Premiers ministres et de la Vice-Présidence, ainsi qu’un procès-verbal de conciliation signé mais jamais exécuté par Esnault, la situation reste bloquée. Pis encore : de nouvelles menaces de déguerpissement planent depuis octobre 2025.
Face à ce qu’ils dénoncent comme une aberration administrative et un mépris des décisions étatiques, les habitants appellent solennellement les autorités à mettre définitivement fin à ce dossier « aux contours opaques » qui porte atteinte à la cohésion sociale prônée par le President de la République , Chef de l’État , Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA .
Wilfried BOUROBOU
