À l’occasion d’Octobre Rose, une rencontre organisée le 11 octobre a permis aux professionnels des médias d’approfondir leurs connaissances sur les cancers féminins. Animée par le Dr Minto’o, née Igabouyi Moussadji, cette session d’échange a permis de lever le voile sur plusieurs idées reçues et de rappeler les bons réflexes de prévention.
Alerter tôt et orienter vers les structures adaptées
Face au cancer, le temps est un facteur clé. Le Dr Minto’o a rappelé qu’en matière de santé mammaire, le principe de précaution doit prévaloir : toute masse ou anomalie détectée au niveau du sein doit être considérée comme suspecte jusqu’à preuve du contraire. Avant d’engager tout traitement, il est impératif d’obtenir une confirmation diagnostique auprès d’un établissement spécialisé. Le Gabon dispose d’un centre de référence performant, l’Institut de Cancérologie, dont les soins sont pris en charge entre 80 % et 100 % par la CNAMGS. Malgré cette offre de soins, la situation reste préoccupante : l’établissement enregistre désormais près de 800 nouveaux cas par an, contre moins de 300 à son ouverture, tandis que le pays manque encore de statistiques globales précises.
Sensibiliser les hommes et lever les tabous
L’un des enseignements majeurs de cette rencontre concerne la sensibilisation masculine. Contrairement aux idées reçues, le cancer du sein ne touche pas exclusivement les femmes. Chez l’homme, cette pathologie n’est pas liée à un manque de testostérone, mais à un excès d’œstrogènes. L’apparence virile ne constitue donc pas une protection, et les hommes sont tout autant invités à se faire dépister tout au long de l’année. Par ailleurs, la médecin a souligné l’importance d’explorer les antécédents familiaux, le cancer comportant une part génétique réelle qu’il ne faut pas négliger lors des consultations.
Vaccination et prévention : des leviers essentiels
La prévention passe également par l’information sur le Papillomavirus humain (HPV). Le vaccin est recommandé pour les jeunes filles et garçons âgés de 11 à 14 ans. En plus de pouvoir développer des cancers spécifiques (gorge, verge), les garçons constituent des vecteurs du virus. Même si ces vaccins restent payants au Gabon, ils demeurent le moyen de protection le plus efficace. En conclusion, la lutte contre la maladie repose sur une prise en charge pluridisciplinaire associant radiologues, chirurgiens et cardiologues, autour de trois piliers fondamentaux : la vigilance, la transparence avec le médecin et le dépistage universel.
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