Lycée Nelson Mandela : La rentrée sous le régime de la rame de papier et de la boîte de craies

‎Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans cette manière de concevoir le service public de l’éducation. Depuis environ une semaine, des parents venus réinscrire leurs enfants affirment être confrontés à une exigence pour le moins surprenante : apporter une rame de papier et une grosse boîte de craies, sous prétexte qu’ils seraient des « retardataires ».

‎Mais retardataires par rapport à quelle échéance ? Et surtout, en vertu de quel texte ?

‎C’est là que commence le véritable problème. Dans un établissement public, aucune pratique administrative ne devrait pouvoir s’imposer aux usagers sans fondement réglementaire clairement établi. Une contribution peut-elle devenir une condition de réinscription simplement parce qu’elle procède d’une prétendue « décision interne » ? La tutelle doit répondre sans ambiguïté.

‎Des parents dénoncent également l’attitude de la surveillante générale chargée des réinscriptions, qu’ils décrivent comme méprisante et condescendante à leur égard. Certains affirment même que les parents refusant de se soumettre à cette exigence auraient été éconduits. Ces témoignages doivent naturellement être confrontés à la version de l’administration du lycée. Mais ils justifient, à eux seuls, qu’une clarification officielle intervienne rapidement.

‎Le malaise est d’autant plus grand que les familles participent déjà, selon des témoignages, à certaines dépenses au cours de l’année, notamment à travers des photocopies payantes. Dès lors, une question élémentaire surgit : pourquoi demander encore aux parents de fournir eux-mêmes la rame de papier et la craie nécessaires au fonctionnement de l’établissement ?

‎Faut-il y voir une contribution exceptionnelle ? Une initiative administrative ? Une pratique devenue coutumière ? Ou une obligation sans base juridique clairement identifiable ?

‎Et si cette pratique existe réellement, où sont les textes qui l’autorisent ? Où va le matériel collecté ? Qui en assure la gestion et sous quel contrôle ?

‎L’ironie voudrait presque que l’on demande si le lycée Nelson Mandela envisage prochainement d’ouvrir une papeterie dans ses locaux. Mais derrière cette boutade se trouve une vraie question de gouvernance : les établissements publics peuvent-ils instaurer leurs propres règles financières ou matérielles en dehors du cadre fixé par leur tutelle ?

‎L’affaire mérite d’autant plus l’attention qu’elle pourrait ne pas être isolée. Si de telles pratiques existent dans d’autres établissements secondaires, il appartient au ministère de l’éducation nationale de les identifier et de rappeler publiquement les règles applicables aux inscriptions et réinscriptions.

‎L’enjeu dépasse donc largement le lycée Nelson Mandela. Il concerne la relation entre l’administration scolaire et les familles, le respect du principe d’égalité des usagers et, plus largement, la crédibilité de l’autorité publique.

‎La tutelle doit donc regarder cette affaire de près pour , établir les responsabilités et rappeler à chacun que l’autorité d’un chef d’établissement ne saurait être confondue avec un pouvoir discrétionnaire.

‎Car dans l’école publique, le règlement ne peut être remplacé par la coutume, et l’autorité ne peut se substituer au droit.

‎WB

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