À l’heure où le Gabon affiche l’ambition d’accélérer sa transformation, la performance des collectivités locales s’impose comme un enjeu politique majeur. Au cœur du débat : la capacité des maires à traduire leurs engagements électoraux en réalisations concrètes.
Au Gabon, le débat sur la transformation du pays ne devrait pas se limiter à l’action du pouvoir central. Il concerne également les collectivités locales, au premier rang desquelles les mairies centrales, directement confrontées aux attentes quotidiennes des populations.
Chaque maire élu devrait, en principe, disposer d’un projet municipal clairement défini, permettant aux citoyens de connaître les priorités de la mandature et d’évaluer au fil des années les résultats obtenus.
Voiries, éclairage public, assainissement, gestion des marchés, espaces verts, salubrité ou encore embellissement urbain : ces secteurs constituent autant d’indicateurs permettant de mesurer concrètement l’efficacité d’une équipe municipale.
La question est désormais celle de la responsabilité politique. Peut-on encore évaluer un maire uniquement sur son discours ou sur sa capacité à mobiliser les recettes municipales ?
Pour une partie des citoyens, la réponse est non. La collecte des taxes constitue une nécessité pour financer les services publics locaux, mais elle doit s’accompagner d’une utilisation transparente et visible des ressources.
L’enjeu est donc de rapprocher fiscalité locale et résultats municipaux. Le contribuable doit pouvoir constater que sa contribution participe effectivement à l’amélioration de son cadre de vie.
Dans cette perspective, le taux d’exécution du programme municipal pourrait devenir un élément important de l’évaluation d’un mandat. Il ne s’agirait pas de réduire la performance d’un maire à un simple pourcentage, mais de disposer d’indicateurs permettant d’apprécier les engagements réalisés, ceux qui ne l’ont pas été et les raisons des éventuels écarts.
Cette approche pourrait également renforcer le débat démocratique local. Un maire qui présente clairement ses objectifs, rend compte de leur exécution et explique les difficultés rencontrées offre aux citoyens les moyens de juger son action sur des faits.
La mise en œuvre du projet de société du président de la République passe principalement par les institutions nationales. Mais sa traduction concrète dans les territoires dépend aussi de la capacité des collectivités à agir efficacement dans leurs domaines de compétence.
L’enjeu n’est donc pas d’opposer l’État aux mairies, mais de construire une complémentarité entre politiques nationales et projets municipaux.
À terme, le véritable débat pourrait être celui-ci : au Gabon, faut-il désormais instaurer une culture politique où chaque mandat municipal se mesure moins aux promesses qu’aux résultats ?
La réponse appartient autant aux élus qu’aux citoyens.
TOM’S
