L’arrestation récente d’un médecin et d’une sage-femme a fait l’effet d’un électrochoc. Dans les hôpitaux et sur les réseaux, les questions fusent : jusqu’où va la responsabilité du soignant ? Quel risque pour ceux qui sont en première ligne ?
Face à la tension, le ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo Epse Bivigou, a choisi de ne pas laisser pourrir la situation. Elle a réuni l’Ordre des médecins, l’Ordre des sages-femmes et les partenaires sociaux pour expliquer les procédures en cours et, surtout, ramener le calme.
Le ministre a d’abord replacé le débat dans un cadre plus large. Le secteur de la santé reste « une priorité majeure » pour le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Les investissements des derniers mois dans la modernisation des infrastructures, les équipements médicaux et l’offre de soins sur tout le territoire sont la preuve de cette priorité.
Message implicite : l’État met de l’argent. En retour, il attend rigueur et responsabilité de la part des professionnels.Le mot d’ordre du gouvernement est clair : responsabilité, retenue, esprit patriotique. Pourquoi ? Parce qu’une crise de confiance entre soignants et patients fragilise tout le système. Si les professionnels se braquent et si les populations doutent, ce sont les soins du quotidien qui trinquent.
Le ministre joue donc l’apaisement. Pas de bras de fer, mais un rappel : la continuité des soins passe avant tout. L’innovation : un Comité de suivi des plaintes des patients. La mesure la plus concrète issue de la réunion, c’est la création d’un Comité de suivi des plaintes des patients.
Qui le compose ? Administration, Ordres professionnels, syndicats, associations de patients. Quelle mission ? Recevoir, traiter et suivre les plaintes, et servir de cadre de médiation entre usagers et soignants.
En clair, le ministère veut institutionnaliser le dialogue. Fini le face-à-face tendu à l’hôpital. Place à une instance permanente pour éviter que chaque incident ne se transforme en crise.
MBUMB 6

