Pendant que beaucoup de cinémas africains parlent de ville et de politique, la réalisatrice gabonaise Ruth Elvire Sandzou Ghiamama choisit un autre chemin : celui des racines. Avec « Le Mont Iboundji« , elle plonge le spectateur au cœur des croyances ancestrales, des rites initiatiques et du lien sacré entre l’homme et la nature au Gabon.
Le film a été récemment projeté à l’Université de Delhi, en Inde, pour les 66 ans de l’indépendance du Gabon. Une preuve que le cinéma gabonais peut porter loin une histoire locale.
La force de « Le Mont Iboundji » : il ne tombe pas dans le folklore. La caméra de Ruth Elvire Sandzou Ghiamama observe avec respect. Elle ne juge pas, ne cherche pas le spectaculaire. Elle laisse parler les anciens, les gestes et les traditions.
Résultat : un film contemplatif où chaque image raconte une mémoire.
La forêt, personnage principal
Ici, la forêt n’est pas un décor. Elle vit, elle protège, elle transmet. La réalisatrice prend le temps. Les plans sont lents, le silence a sa place. Une façon d’imposer au spectateur le temps de la réflexion.
Au-delà de l’art, « Le Mont Iboundji » pose une vraie question : comment garder vivantes nos traditions face à la mondialisation ? Le film devient une archive. Chaque témoignage, chaque paysage est un héritage à transmettre. La rencontre avec les étudiants indiens après la projection montre aussi le rôle du film : faire dialoguer les cultures.
« Le Mont Iboundji » n’est pas un film spectaculaire. C’est un film de mémoire et de patience. Il prouve que le cinéma gabonais peut aller au-delà du divertissement. Il peut enseigner, unir et faire rayonner le Gabon à l’international. Avec ce documentaire, Ruth Elvire Sandzou Ghiamama signe une œuvre de référence : rigoureuse, belle et profondément gabonaise.
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