Dans une lettre ouverte adressée au Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, Christian Aurat Rayta tire la sonnette d’alarme sur les conséquences des impayés accumulés dans le secteur de l’assurance santé. Selon lui, cette situation dépasse désormais le cadre d’un simple problème administratif ou financier pour devenir une menace réelle pour l’équilibre du système sanitaire gabonais.
L’auteur rappelle avoir déjà attiré l’attention des autorités sur cette problématique. Aujourd’hui, il estime que les retards de paiement observés envers les cliniques, pharmacies, laboratoires et autres structures de soins privées fragilisent progressivement tout l’écosystème de la santé. « Ce qui apparaissait hier comme une difficulté administrative ou financière prend désormais les contours d’une véritable menace pour l’équilibre de notre système de santé », écrit-il.
Pour Christian Aurat Rayta, les conséquences de ces impayés sont multiples. Derrière chaque facture non réglée se cachent des salaires difficiles à verser, des fournisseurs en attente de paiement, des investissements suspendus et parfois des ruptures dans l’approvisionnement en médicaments. Une situation qui exerce une pression croissante sur les responsables des structures sanitaires privées.
« Lorsqu’une clinique ferme, ce sont des emplois qui disparaissent. Lorsqu’une pharmacie s’affaiblit, ce sont des patients qui souffrent », souligne-t-il. Il évoque également les effets humains de cette crise, notamment le stress chronique, l’épuisement professionnel et les problèmes de santé auxquels sont confrontés certains dirigeants de structures médicales confrontés à des difficultés de trésorerie persistantes.
L’un des principaux messages de cette lettre est la reconnaissance du rôle stratégique du secteur privé dans l’offre de soins au Gabon. Selon l’auteur, ces établissements constituent des partenaires essentiels de l’État en contribuant quotidiennement à la prise en charge des populations et au désengorgement des structures publiques.
« Le secteur privé de santé n’est pas un adversaire de l’État. Il est un partenaire », affirme-t-il, rappelant qu’il participe à l’investissement, à la création d’emplois et à la formation des professionnels de santé.
Face à cette situation, Christian Aurat Rayta plaide pour des mesures fortes, notamment un plan national d’apurement des créances, un audit des dettes accumulées, la digitalisation des procédures de facturation et de paiement ainsi que la mise en place d’un cadre permanent de dialogue entre assureurs et prestataires de soins.
À travers cette interpellation, l’auteur invite le Chef de l’État à agir avant que la situation ne dégénère. Son appel se veut avant tout constructif et préventif. Comme il le rappelle dans sa conclusion : « Préserver les structures de soins, c’est préserver la santé des Gabonais. » Une réflexion qui pose la question de la pérennité du système d’assurance santé et de son rôle dans la réussite des ambitions de développement du Gabon.
La Rédaction
