Gabon : Vers une refondation du système éducatif ? L’Assemblée Générale du CNEFR annoncée comme un tournant décisif
L’annonce faite ce 23 Mars 2026 par le Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, à l’occasion de la Journée Nationale de l’Enseignant, de la tenue prochaine de l’Assemblée
L’annonce faite ce 23 Mars 2026 par le Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, à l’occasion de la Journée Nationale de l’Enseignant, de la tenue prochaine de l’Assemblée Générale du Conseil national de l’éducation, de la formation et de la recherche ( CNEFR) , intervient dans un climat de fortes tensions au sein du système éducatif gabonais. En décidant de présider lui-même cette rencontre, le chef de l’État entend manifestement donner un poids politique particulier à ce rendez-vous, présenté comme un cadre de refondation.
Mais cette initiative survient surtout après plusieurs mois de perturbations majeures ayant affecté le déroulement des cours, notamment au début du deuxième trimestre de l’année scolaire 2025-2026. Les grèves répétées des enseignants, liées à des revendications anciennes telles que la régularisation des situations administratives, ou encore l’amélioration des conditions de travail, ont profondément désorganisé le calendrier académique. Cette crise conjoncturelle s’inscrit dans un malaise structurel plus profond, marqué par des années de sous-investissement, de gouvernance hésitante et de dialogue social souvent conflictuel.
En réalité, le système éducatif gabonais est confronté à une accumulation de dysfonctionnements : infrastructures insuffisantes, surcharge des effectifs, démotivation du corps enseignant et perte progressive de confiance envers les autorités. Les mesures d’urgence annoncées ces derniers mois, bien qu’elles traduisent une volonté d’apaisement, peinent encore à convaincre , une base syndicale échaudée par des promesses non tenues .
Dans ce contexte, la future assemblée générale apparaît à la fois comme une opportunité et un test décisif. Elle devra dépasser le cadre symbolique pour produire des réformes concrètes et restaurer durablement la confiance entre l’État et les acteurs de l’éducation. À défaut, elle risquerait de s’inscrire dans la continuité des initiatives sans lendemain qui ont, par le passé, nourri la crise actuelle.
Wilfried BOUROBOU