RGPL 2026 : Pourquoi les agents recenseurs passent-ils autant de temps dans les bars à Libreville ?
Depuis plusieurs semaines, les agents recenseurs déployés à Libreville dans le cadre du recensement général de la population et des logements (RGPL) sillonnent les quartiers afin de collecter des données
Depuis plusieurs semaines, les agents recenseurs déployés à Libreville dans le cadre du recensement général de la population et des logements (RGPL) sillonnent les quartiers afin de collecter des données essentielles à la planification des politiques publiques. Cette opération nationale, censée fournir une photographie fiable de la population gabonaise, repose largement sur le sérieux et la discipline des agents mobilisés sur le terrain. Pourtant, certaines attitudes observées ces derniers jours suscitent interrogations et incompréhensions.
Dans plusieurs quartiers de la capitale, des habitants affirment constater régulièrement la présence d’agents recenseurs dans des débits de boissons, parfois durant de longues heures. Vêtus de tee-shirts officiels, coiffés de casquettes et portant leurs sacs à dos du recensement, ces agents, souvent accompagnés de superviseurs, semblent avoir fait de certains bistrots des lieux de regroupement quotidiens.
Cette situation amène de nombreux citoyens à s’interroger : le recensement se fait-il désormais dans les bars ? La question revient avec insistance tant la présence visible et répétée de ces équipes dans les débits de boissons contraste avec la mission qui leur a été confiée, celle de parcourir les ménages pour collecter des données statistiques essentielles.
Certains agents évoquent des moments de repos ou d’attente entre deux opérations de terrain. Mais pour plusieurs observateurs, la fréquence et la durée de ces présences donnent plutôt l’image d’un relâchement préoccupant dans l’exécution d’une mission pourtant cruciale pour l’avenir du pays.
Au-delà du simple malaise, cette situation pose la question de la moralité et du sens de responsabilité de certains agents. Le recensement constitue une mission de service public exigeante, qui requiert discipline, exemplarité et engagement. Or, voir des agents en tenue officielle dans des lieux de consommation d’alcool, parfois en pleine journée, contribue à ternir l’image de l’opération.
Cette perception risque également d’affecter la confiance des populations envers le processus de recensement. La réussite du RGPL dépend en grande partie de la collaboration des citoyens, laquelle repose sur la crédibilité des équipes déployées sur le terrain.
Face à ces constats, plusieurs voix appellent à un encadrement plus strict des agents recenseurs et à un rappel ferme des règles de conduite. Des contrôles plus réguliers pourraient contribuer à éviter que des comportements individuels ne compromettent l’image d’une opération nationale stratégique.
Car pour beaucoup d’observateurs, une question demeure entière : comment espérer obtenir des données fiables si ceux qui sont chargés de les collecter donnent parfois l’impression de confondre travail de terrain et fréquentation des bistrots ?
La Rédaction
