Macron à Libreville : Un tournant politique et économique pour la relation Franco-Gabonaise

La visite d’État d’Emmanuel Macron au Gabon les 23 et 24 novembre 2025 apparaît moins comme une simple visite protocolaire que comme la traduction diplomatique d’un repositionnement stratégique de la France vis-à-vis de Libreville. Paris a affiché sa volonté de consolider un partenariat « réinventé », axé sur les infrastructures, la formation et la préservation environnementale ,  un message officialisé par l’Élysée au fil de la visite.

Plusieurs annonces et signatures concrétisent ce saut qualitatif : un protocole relatif à une convention de crédit de l’Agence Française de Développement destiné à la modernisation et la sécurisation du chemin de fer Transgabonais; l’inauguration de l’Institut français rénové à Libreville; et des engagements financiers pour des projets d’infrastructures et de conservation. Ces actes traduisent une posture plus économique et technique que strictement politique.

Sur le plan politique, Emmanuel Macron a salué le « tournant » engagé par les autorités gabonaises et a choisi d’adresser un soutien pragmatique fondé sur la stabilité institutionnelle et la coopération . Posture qui illustre la volonté française d’entretenir des relations opérationnelles malgré les réserves exprimées par certains observateurs sur l’état de la démocratie au Gabon. Ce positionnement a été interprété par la presse comme un signal fort de l’importance que Paris accorde désormais à l’équilibre géopolitique et économique dans la région.

Emmanuel Macron mise sur des résultats tangibles (rails, formation, forêt) pour rivaliser avec d’autres partenaires étrangers et garder une influence économique et environnementale au Gabon. Pour Libreville, l’intérêt est double : attirer des financements et gagner en légitimité internationale par des partenariats visibles. Reste la question de l’équilibre à moyen terme entre souveraineté revendiquée et dépendances sectorielles , un défi que cette « ère renouvelée » aura à prouver sur le terrain.

En clôture, la visite marque un recalibrage pragmatique des relations franco-gabonaises : des promesses d’investissements et d’institutions rénovées, accompagnées d’un message politique clair , la France veut être partenaire, pas tuteur.

 

La Rédaction

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